En Bretagne, une richesse culturelle et un
puissant tissu associatif...
E Breizh ez eus ur binvidigezh sevenadurel
ha kevredigezhioù nerzhus
La Bretagne, par la force de son tissu associatif,
par son travail et son sens collectif et solidaire
a su maintenir et développer une véritable culture
populaire.
Ses bagadoù et ses cercles, fédérés dans Bodadeg
ar Sonerion, War ‘l Leur ou Kendalc’h, véritables
écoles populaires de musique et de danse,
mais aussi centres culturels, irriguent le pays et
forment des dizaines de milliers de jeunes.
Diwan, Div Yezh, Dihun, ont mis en place des
organisations pour créer ou développer un enseignement
en langue bretonne.
Bertaeyn Galeizz, l’Andon dou Galo et d’autres
associations développent le gallo et la culture
de Haute Bretagne.
Des associations ont vu le jour dans l’audiovisuel
(radio, télé) et toutes sortes de domaines
(arts du spectacle...). Les Ententes de pays stimulent
la vie locale...
Cette vitalité associative bénéficie du soutien
actif des collectivités locales et régionale.
Ces collectivités sont conscientes que la participation
de tous dans la vie culturelle est le
fondement du dynamisme culturel mais aussi
économique et social de notre pays.
...menacés par des projets gouvernementaux...
...lakaet en arvar dre raktresoù ar gouarnamant...
Un projet de loi en préparation sur les dites «pratiques amateurs» aboutirait à interdire pratiquement toutes les manifestations culturelles actuelles (festoù noz, festivals, concerts où participent
des milliers de bénévoles) et à dévitaliser
le tissu associatif.
Selon ce projet les prestations des associations, |
|
qui font l’objet de publicité en particulier, devraient donner lieu à déclaration de chaque
participant «amateur». Il faudrait donc déclarer,
à chaque intervention, tous les membres des
bagadoù et des cercles, des troupes de théâtre,
mais aussi des fanfares ou autres, payer des salaires,
charges et taxes pour tous les bénévoles,
comme s’ils avaient un statut de professionnels.
Il en résulterait en outre une charge administrative
importante. En conséquence et surtout une
réduction drastique du nombre de participants,
et un changement complet d’esprit et de nature
de nos activités conduisant à la disparition de
nos fêtes populaires, à la mort de nos associations
ou les transformant en activités commerciales
et lucratives.
C’est une nouvelle remise en cause de l’association
loi 1901 à but non lucratif.
Ur wech ouzhpenn emañ ar gevredigezh lezenn
1901 war var da vezañ gwallgaset.
Une loi minimaliste était prévue par le gouvernement
pour les langues : mais, sous la pression
de nos députés, le Gouvernement a accepté une
première révision de la Constitution qui reconnaissait
l’existence de nos langues. Puis le Sénat
a supprimé cette reconnaissance..., appuyé par
l’Académie française. L’opinion publique désavoue
ce mépris d’un autre âge, contraire aux
droits humains et à la diversité culturelle et
plébliscite la reconnaissance des langues dans
la Constitution à 70% (sondage CSA publié le 22
juin 2008).
Nous demandons aussi l’application du droit international
comme du droit européen et notamment la ratification de la Charte européenne
des langues régionales ou minoritaires.
Nous voulons une véritable loi permettant de
vraies avancées dans les domaines de l’enseignement
et des medias.
Nous pouvons par notre mobilisation faire pencher
la balance en notre faveur.
|
|
... et par un carcan jacobin étouffant.
...ha mouget dindan e gabestr.
A l’heure de la mondialisation et de l’intégration
européenne, le modèle français centralisé est
à bout de souffle. Il promeut encore une seule
langue et une culture offi cielles et empêche les
cultures populaires de vivre, y compris sur nos scènes régionales. Il est un frein à la généralisation
d’un multilinguisme populaire enrichissant
et indispensable dans le monde d’aujourd’hui.
• alors que le Conseil Régional de la région Bretagne
et le Conseil général de Loire Atlantique
ont voté, toutes tendances confondues, des
résolutions pour la réunifi cation administrative
de la Bretagne, les habitants de Loire Atlantique,
bien qu’aux 2/3 favorables comme le reste
des Bretons selon des sondages constants, sont
encore coupés de leur culture bretonne et de
leur Histoire. Leur identité de “Bretons” est effacée
pour les affubler d’une nouvelle identité
bureaucratique dite «ligérienne».
• alors que la France préside l’Union européenne,
elle agit en contradiction avec les principes
européens quand partout en Europe, les
diversités culturelles et les langues s’expriment
et dynamisent la société dans son ensemble.
• alors que de nombreux élus font eux aussi le
constat des dysfonctionnements de notre démocratie
comme Alain Rousset le Président de
l’Association des Régions de France qui après
une rencontre avec le Président de la Commission
Européenne, déclare “la France sera réellement
démocratique quand elle aura de véritables
contre-pouvoirs au pouvoir central”
(le Monde du 28 avril 2006), les régions françaises
restent des naines politiques et budgétaires
par rapport aux autres régions européennes de
même taille.
|
|
Pour le respect des droits humains
Doujañs da wirioù Mab-Den !
Alors que la France prétend donner au monde
entier des leçons de démocratie, de respect des
Droits de l’Homme et de diversité culturelle, la
France vient encore d’être sévèrement rappelée
à l’ordre par l’ONU en mai 2008 pour non
respect des droits culturels et linguistiques des
Bretons et des autres peuples de la République :
Le droit de participer librement à la vie culturelle
par l’expression de sa propre culture et
de sa langue a été ré-affi rmé comme un droit
fondamental par le Comité des Droits économiques,
sociaux et culturels des Nations unies,
conformément à l’article 27 de la déclaration universelle des droits de l’homme (“Toute personne
a le droit de prendre part librement à la vie
culturelle de la communauté”) et à l’article 15 du Pacte international sur les droits économiques,
sociaux et culturels.
C’est pourquoi, nous exigeons :
• un véritable droit à l’expression culturelle
et linguistique bretonnes dans les media, à
l’école, dans la vie publique et sur les scènes,
et en particulier l’abandon du projet de loi
anti culture populaire dit "sur les pratiques amateurs",
• le transfert des compétences (et des moyens)
pour les langues et la culture bretonnes (demandé
par le Conseil régional le 6 mai 2008)
et la ratification de la Charte européenne des
langues,
• la réunification administrative de la Bretagne
(également demandée par le Conseil Régional
de Bretagne et par le Conseil Général de
Loire-Atlantique)
Nous exigeons le respect de nos droits
d’Européens, le respect de nos droits internationaux
|
|
|